INTRODUCTION

5.7.08

Faut pas prendre les coréens pour des nhà quê

Le marché coréen : « C’est pas gagné »

La visite d’une délégation calédonienne au Pays du Matin calme a permis d’y voir plus clair sur le profil et les exigences des touristes coréens. Propreté, rigueur et activités de montagne sont leurs premiers critères. Pour la Calédonie, la délégation l’avoue : « c’est loin d’être gagné ».



Le pays perd près de 5 000 touristes japonais par an ? Pas de soucis. La nouvelle ligne Séoul-Nouméa attirera 9 000 vacanciers coréens ces trois prochaines années. C’est l’objectif que s’est fixé la Calédonie, sans tenir tout à fait compte du public qu’elle visait.
« Si on veut y parvenir, il va falloir se mettre en adéquation avec eux, sinon, ça va être un flop total », a reconnu, hier, Alain Descombels. Pendant trois jours, l’élu de la province Sud, accompagné de représentants du secteur économique, est parti en mission de reconnaissance au pays du Matin calme. Il en est revenu avec un portrait plus affiné du tourisme coréen. Plus complexe aussi.
« La quasi-totalité des Coréens n’aime pas la mer. Ce n’est pas un peuple tourné vers le loisir-plage ». Dommage, quand l’image touristique du pays repose essentiellement sur son lagon, vendu par les prospectus comme le « plus beau du monde ».


Des plaquettes touristiques inadaptées au public

Faudra-t-il compter sur le shopping ou la cuisine pour attirer cette nouvelle cible ? En partie, répond la délégation. Mais ce que les Coréens veulent surtout, c’est de « la promenade, de la montagne ». Autrement dit, un tourisme vert dont la Calédonie a tous les atouts, mais qui est encore insuffisamment développé, notamment en matière de randonnées. Pour la délégation, c’est assez clair : il va falloir créer ou renforcer des activités terrestres. Mais aussi « revoir les plaquettes touristiques », en insistant davantage sur la montagne que sur la mer.
Deuxième exigence -et pas des moindres- : la propreté. « Ils reprochent souvent aux Français leur manque d’hygiène », note Alain Descombels. La rigueur est également une qualité prisée des Coréens, qui aiment les programmes respectés à la lettre. Grève ou pas grève.
Le cap des 9 000 touristes par an est-il sérieusement envisageable ? De l’aveu même de cette délégation : « c’est pas gagné ». « Il y a un gros effort à faire. Les Coréens ne vont pas être une clientèle naturelle », reconnaît l’élu de la province.
Quel intérêt, alors, d’avoir créé une ligne vers Séoul ? « Ce n’est pas un projet calédonien, à l’origine. Mais un souhait d’Air France et d’Aircalin de fluidifier leurs vols », répond Alain Descombels. Aux Calédoniens, et en particulier au secteur touristique, de montrer qu’ils savent s’adapter.


Coralie Cochin


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Les sept exigences du touriste coréen

• La propreté : c’est la première des conditions, aussi bien pour les toilettes, la chambre d’hôtel ou les rues de la ville.
• La rigueur : une chambre de 18 m2, selon le prospectus, ne doit pas faire 14 m2. Sinon, l’hôtelier (ou l’agence) est bon pour « recevoir un courrier du client ».
• La nature : avec une préférence très marquée pour la montagne.
• Le kimchi au petit-déjeuner : les Coréens aiment la cuisine française. Mais pas question de les priver de leur kimchi, un petit-déjeuner à base de légumes et de piments.
• Le golf : les Coréens en sont fous et sont prêts à sortir de leur pays rien que pour pratiquer ce sport.
• Les Japonais : « Quarante ans d’occupation japonaise, ça laisse des traces », souligne Alain Descombels. Aussi, les Coréens, même s’« ils imitent beaucoup » les habitudes de leurs voisins japonais, n’apprécient guère passer des vacances avec eux. Pas facile, quand près de 25 000 touristes nippons débarquent chaque année sur le Caillou.
• Le karaoké : c’est le hobby number one. Surtout après une journée de travail. Là aussi, la Calédonie devra peut-être réfléchir à développer l’activité.



Les Nouvelles Calédoniennes du 03/07/2008

2 commentaires:

Nathalie a dit…

Nous avons enfin une analyse digne de ce nom avec l'interview du Professeur Jean-Christophe GAY, un article des Nouvelles Calédoniennes du1er mars à lire absolument « Pourquoi le tourisme calédonien ne décolle pas ? » sur http://www.info.lnc.nc/articles/article_71785_270193.htm
Nous savons maintenant de quoi souffre le tourisme en Nouvelle Calédonie. Les économistes l’appellent le « Syndrome Néerlandais » !
Le fait d’appeler un cagou un cagou, donne envi de découvrir son livre : "Les cocotiers de la France. Tourismes en outre-mer », éditions Belin Sup " et l’offrir comme livre de chevet à tous nos élus.
Ses analyses remplacent les centaines de millions de F cfp investis dans tous les pseudos études, audits, assises, conférences sur le tourisme en Nouvelle-Calédonie !

Cela confirme ce que beaucoup pensent tout bas. Nous souffrons d’un niveau de vie artificiellement élevé alimenté par les transferts de fonds de la Métropole, la suprématie des emploies dans la fonction publique et l'économie liée principalement au nickel.
Laissant peu de place au secteur du tourisme ! Considéré comme la dernière roue du carrosse !
Malheureusement, cela ne durera que quelques décennies.
Quand il y aura moins d'argent envoyé par la France (transfert de compétences) et quand il n'y aura plus assez de nickel pour faire tourner les usines (+30 ans de stock).
Que ferons-nous ? Après l’euphorie des « trente glorieuses », où seront les responsables de ce sinistre économique annoncé ?

Le paragraphe sur l’aérien est tout aussi intéressant.

Avec le retard cumulé, le blocage des bonnes volontés, les annulations de projets tel l'exemple du Waterfront de la Côte Blanche annulé par la Mairie de Nouméa, lu dans l’article du 16 février intitulé "Le Pôle nautique tombe à l'eau" sur http://www.lnc.nc/articles/article_71752_269249.htm , sans oublier les dégâts induits par la pollution des usines (détérioration du lagon, de l’île par les pluies acides, ...), arriverons-nous à rebondir sur une nouvelle économie telle que le Tourisme ?

Nos élus sont-ils vraiment des visionnaires ? Pendant ce temps les pays voisins prennent de l’avance.

A travers le « Syndrome Néerlandais », le message est clair : les prémices du développement touristique en Nouvelle-Calédonie, ce n'est pas avant 2040, quand le soufflet sera retombé !
Et pendant ce temps, tout ceux qui ont déjà investit dans le tourisme sont voués à vivoter ou disparaître !

Afin de mettre en avant notre spécificité, pourquoi ne pas renommer le syndrome Néerlandais en « Syndrome Calédonien » ? Une façon d’avoir de la publicité gratuite dans les cours universitaires !

La France fait partie du top 7 des pays développés et elle est la 1ère destination touristique au monde.
Prenons exemple, ne mettons pas nos 2 ou 3 œufs dans le même panier !

Malheureusement, les élus locaux ont d’autres priorités ! Nous ne jouons pas dans la même cour !
Il faut arrêter l’hypocrisie dans les discours à grand renfort de poudre aux yeux et de langue de bois.
Si on demande aux calédoniens d’investir dans le secteur touristique (riche en innovation, création d’emplois), il faut assumer ses engagements. Sinon que l’on nous confirme qu’il faut attendre 30 ou 40 ans pour commencer à s’intéresser à ce secteur !

Un peu de franchise de la part des responsables politiques sur l’avenir du tourisme en Nouvelle-Calédonie ne ferait pas de mal à la population concernée.

Bon, demain est un autre jour !
CARPE DIEM

Frank a dit…

lnc sort des articles intéressants de temps en temps, je l'admet.
Merci pour ton intervention Nathalie