INTRODUCTION

24.1.12

PREMIERE ANALYSE DE LA COMMUNAUTE VIETNAMIENNE FAITE EN 78

PREMIERE ANALYSE DE LA COMMUNAUTE VIETNAMIENNE FAITE EN 78
Nguyen Tri Quang

[...]

Cette analyse avait été transmise en 79 dans une lettre au Président Giscard, juste après son passage sur le territoire , au moment où il avait été question de faire de la Nouvelle Calédonie une terre d’accueil pour les boat-People, ces réfugiés du Vietnam, recueillis par l’Ile de Lumière, ce bateau affrété pour venir au secours à ceux que les Etats-Unis avaient abandonnés à leur sort, et qui fuyaient un régime communiste , qui venait de réaliser la réunification du Vietnam.
Et le tollé que l’idée de faire de la Nouvelle Calédonie une terre d’accueil avait soulevé, avait réuni pour la seule fois dans l’histoire de la Nouvelle Calédonie, aussi bien les « loyalistes européens anti-indépendantistes», ceux qui ne voyaient dans ces nouveaux « diables jaunes », que d’autres concurrents sur le plan économique, que les « indépendantistes kanakes » qui ne voyaient dans ces « réfugiés », que des futurs « défenseurs » du système en place.
Le secrétariat du Président de la République Française, avait accusé réception de cette lettre et de son analyse.
J’ai perdu toute trace de cette lettre envoyée au Président de la République. Je n’ai que la réponse du secrétariat de la Présidence de la République, accusant réception de ma lettre et de mon analyse de la communauté vietnamienne qui suit.
Mais je n’ai sûrement pas oublié de lui rappeler cette période qui avait suivi la fin de la première guerre d’Indochine, après la victoire de l’armée vietnamienne sur l’armée française à Diên Biên Phu, période qui fait partie intégrante de l’histoire de la Nouvelle Calédonie, et qu’il ne faut pas non plus oublier, en l’évacuant d’un coup de baguette ( ??? !!!…) magique.
Le dernier convoi qui avait amené les « tonkinois » travailler sur les mines de nickel fut effectué en 1939.
Les « Chân Dang » d’alors partaient avec un « engagement » (contrat de travail) pour 5 ans, au bout desquels ils étaient rapatriés au Vietnam.
Mais au terme de leur contrat, c’est-à-dire en 1944, le Monde était en train de se débattre dans un deuxième conflit qui impliquait non seulement les « mères patries » d’ Europe qui devaient faire face au fascisme italien et au nazisme allemand, mais aussi les colonies d’Asie et du Pacifique, qui devaient affronter le militarisme japonais.
Le Territoire s’était ainsi trouvé en première ligne, et fut transformée en tête de pont pour les troupes américaines (et alliées), qui allaient stopper l’avancée japonaise lors de la fameuse bataille de la mer de Corail.
La présence de l’armée américaine permit le « décollage » économique de la Nouvelle Calédonie, grâce à la devise verte qui coulait à flot et qui profitait à tous ceux qui avaient un peu d’imagination, mais surtout du courage.
Et ce n’était pas ce qui manquait aux vietnamiens qui avaient été habitués à travailler dans des conditions très difficiles, et qui profitèrent eux aussi, à la sueur de leur front, de cette manne venue des Etats-Unis.
Mais au moment où le vent avait commencé à tourner, après la Bataille de la mer de Corail qui avait vu la victoire des troupes Alliées, les troupes Japonaises avaient mis en place dans toutes les « colonies » qu’ils occupaient, des gouvernements nationaux, et ce fut le cas au Vietnam aussi.
Mais le cas du Vietnam est un peu particulier, car les autorités françaises n’avaient pas rejoint De Gaulle dans la résistance, mais étaient restées aux côtés de Pétain.
Comme le Japon faisait partie avec l’Italie et l’Allemagne des forces de l’Axe, et que la France de Pétain collaborait avec les Allemands, le Vietnam fut occupé par le Japon qui l’utilisa comme base arrière stratégique, pour son aviation comme pour sa marine, sans compter son ravitaillement.
Après le débarquement en Normandie en Juin 44, il y eut un revirement des troupes françaises au Vietnam que les troupes japonaises avaient bien senti venir, ce qui déclencha le coup de force de mars 45, pour désarmer les troupes françaises, qui furent enfermées dans des camps.
Il fallut attendre le 15 août pour voir la capitulation du Japon, non pas à cause des deux bombes atomiques lâchées sur Hiroshima et Nagasaki par les Etats-Unis, mais parce que l’URSS venait de déclarer la Guerre au Japon, et était sur le point de l’envahir.
Au Vietnam, le gouvernement nationaliste mis en place par les troupes japonaises fut « désavoué », et remplacé par un gouvernement socialiste avec à sa tête, Hô Chi Minh qui déclara l’indépendance du Vietnam.
La non-reconnaissance par la France du Vietnam en tant que nation indépendante déclencha donc la première guerre d’Indochine, ce qui ne permit pas aux vietnamiens de Nouvelle Calédonie de retourner dans leur pays d’origine.
Leur contrat de travail de 5 ans étant terminées, ils eurent le droit de se déplacer et de s’installer là où ils voulaient. Ils quittèrent donc pour la plupart les dures conditions du travail des mines, pour se regrouper dans les agglomérations, et se lancèrent dans de multiples activités où ils réussirent avec succès, grâce à leur force de travail.
Mais cela n’était pas tout à fait du goût de ceux qui tenaient alors dans leurs mains, les rênes du pouvoir économique, qui voyaient d’un très mauvais œil, la montée de tels concurrents, qui en une dizaine d’années, avaient changé le paysage économique de la Nouvelle Calédonie, au moment où après la bataille de Diên Biên Phu, la France devait quitter le Vietnam et lui rendre son entière indépendance.
Cette nouvelle « donne » politique, couplée avec le retour de belligérants ayant participé à cette guerre de décolonisation, allait faire de la Nouvelle Calédonie, une terre de rejet, au moment où les vietnamiens eux-mêmes réclamaient leur retour au pays.
Le fondement de la société vietnamienne repose sur le « culte des ancêtres », un culte dont la papauté n’avait pas compris la véritable portée, car elle avait décrété l’excommunication de tous ceux qui le pratiquaient, ce qui représentait le Vietnam tout entier, et cette papauté s’était vite empressée de revenir sur sa décision.
Et dans ce culte des ancêtres, tout vietnamien même s’il partait au loin, se devait de revenir à son village d’origine, là où reposaient les tablettes funéraires des 5 générations de ses ancêtres qui l’avaient précédés, pour les accompagner au cours de différents rituels, vers ce monde statique, où ils allaient d’abord se poser, et peut-être, pouvoir se réincarner.
A cette règle, les vietnamiens de Nouvelle Calédonie ne pouvaient échapper. Ils étaient partis pour 5 ans, et cela faisait plus de 20 ans qu’ils étaient bloqués sur le Territoire, et ne pouvaient retourner rendre ce culte qu’ils devaient à leurs ancêtres décédés. Et il ne faut donc pas s’étonner, qu’ils aient réclamé pour la grande majorité, leur retour au pays ; Il n’y avait que les catholiques qui par peur du communisme, avaient décidé de rester, car des commissaires politiques furent envoyés pour encadrer ces différents convois du retour au pays, de 1958 à 1963.
Il y avait alors non seulement ce besoin de retourner au pays pour rendre ce culte aux ancêtres, mais il y eut aussi des mouvements de rejet de la part de certains éléments de la société calédonienne, qui s’organisèrent dans un « comité de défense des intérêts calédoniens », un comité qui n’hésita pas à s’engager parfois dans des mouvements violents, envers les membres de la communauté vietnamienne comme entre autre, des tentatives de destruction à la dynamite de locaux appartenant aux vietnamiens.
Dans de telles conditions de rejet, la peur du communisme, fut sans doute pour les vietnamiens qui choisirent de rester, beaucoup plus forte que la peur des actions qui pouvaient être menées par le « comité de défense des intérêts calédoniens ».
Ce sont ces vietnamiens (les tonkinois), qui à cette époque, décidèrent de rester en Nouvelle Calédonie, qui constituent la grande majorité de la communauté vietnamienne, auxquels il faut ajouter les vietnamiens qui ont fui le régime communiste, après 1975, lorsque les Etats-Unis abandonnèrent les populations du Sud- Vietnam à leur sort.
A ces deux principales composantes de la communauté vietnamienne, il faut en rajouter une autre, qui s’est constituée avec le retour sur le territoire à partir du début des années 80, de ces « niaoulis » qui avaient été « rapatriés » au Vietnam vers les années 60, qui se sont intégrés sans problème à la société calédonienne sur le plan économique et social, mais à qui il s’est déjà posé, ou se posera aussi, tôt ou tard, un problème d’identité culturelle.

Cette analyse de l’évolution de la mentalité des vietnamiens , depuis leur arrivée sur le territoire, est faite à partir de considérations personnelles et ne saurait engager l’Amicale.
Le but de cette analyse n’est pas de critiquer mais d’essayer de comprendre qu’il existe un problème culturel pour les vietnamiens, qui n’est pas perçu de la même façon par tous, et qui devient grave au niveau des jeunes surtout.
Il faut en prendre conscience afin qu’en apportant chacun ses idées, qu’en confrontant les différentes opinions, on puisse trouver une solution.
Les vietnamiens constituent une des ethnies les plus actives du territoire. A force des travail et de sacrifices, ils ont réussi pour la plupart, se faire une situation.
Ils se sont très bien intégrés à la vie économique, et se sont adaptés sans trop de problèmes à la vie sociale ; mais où en sont-ils du point de vue culturel : si l’on demandait aujourd’hui aux vietnamiens de ne plus parler leur langue, de ne plus respecter leurs coutumes, en un mot d’abandonner leur culture, quelles seraient leurs réactions ?
Trois générations de vietnamiens vivent encore sur le territoire, et à chacune d’elles correspond une histoire différente, une mentalité différente.
Il y a tout d’abord les « vieux », les « Chân Dang », c’est-à-dire les pionniers de la communauté vietnamienne, arrivés en Nouvelle Calédonie il y a un demi-siècle environ ; puis leurs enfants, ceux qu’on appelait les « niaoulis », et enfin leurs petits-enfants.
Ces « vieux », avant de venir ici, ont connu le Vietnam, ils ont été imprégnés de cette culture vietnamienne. Venus pour travailler, ils le firent parfois dans des conditions très difficiles. Face à l’adversité, ils s’unirent, faisant preuve d’une grande solidarité et cherchant à conserver ces liens qui les unissaient, c’est-à-dire leur langue, leurs coutumes, cette mentalité qui leur était propre. Longtemps ils vécurent repliés sur eux-mêmes, cherchant à transmettre à leurs enfants tout ce qu’ils avaient appris de leurs parents.
Même plus tard, lorsque les conditions de vie s’améliorèrent, ils ne cherchèrent pas à s’intégrer et à s’ouvrir aux autres ethnies ; ils empêchèrent même leurs enfants de le faire.
Il suffit de se rappeler les problèmes que rencontraient les jeunes qui voulaient se marier avec les « étrangers ». Mais après la guerre d’Indochine, ils eurent un choix à faire : retourner au Vietnam ou rester en Nouvelle Calédonie.
Ils étaient encore tellement imprégnés de cette culture, de ce sentiment d’être vietnamien et de n’avoir qu’une patrie : le Vietnam, que la grande majorité n’hésita pas à rentrer au pays. Pour ceux qui restèrent, le choix fut difficile, d’autant plus qu’ils étaient en minorité, et que dans la mentalité des gens, les seuls vrais « viêts » étaient ceux qui partaient. Ils le firent pourtant car, pour eux, l’avenir de leurs enfants était dans ce pays qui leur assurait aussi, une certaine sécurité.
Beaucoup de ceux-là se demandaient encore s’ils n’avaient pas eu tort de rester, lorsqu’ils reçurent les premières nouvelles du Vietnam. Ils surent qu’ils avaient eu raison de rester et rassurés, l’esprit libre de tout regret, ils se mirent au travail afin d’assurer leur avenir et celui de leurs enfants.
Ayant été habitués à travailler dur et dans des conditions difficiles, ils réussirent à s’imposer malgré l’handicap de la langue, dans de multiples activités. Ils s’ouvrirent aux autres ethnies et s’intégrèrent progressivement à la vie du pays.
Aujourd’hui, ils sont connus et respectés par tous ; mais plus ou moins dispersés et pris par leurs occupations, ils n’ont plus tellement l’occasion de se rencontrer, de conserver cette culture vietnamienne, sauf peut-être les catholiques qui se voient régulièrement et qui ont tenu à garder leur Eglise et tout le cérémonial religieux dans la langue, avec cette mentalité typiquement vietnamienne.
Ces « vieux » vietnamiens, à l’âge où ayant travaillé plus que quiconque et ayant largement mérité de se reposer, au-delà de leurs différents, ne ménagent ni leurs efforts ni leurs biens, ils se sont unis pour reconstruire leur Eglise, l’Eglise vietnamienne.
Leur but est de réunir dans cette Eglise tous les vietnamiens catholiques, afin qu’ils continuent à pratiquer la religion comme ils l’ont connue. Mais les jeunes fréquentent de moins en moins l’Eglise et ne se sentent plus tellement concernés par la religion. De cela les « vieux » en sont conscients et ils se rendent compte aussi que, pris par leurs occupations, ils n’ont pu inculquer à leurs enfants certaines notions de base et que leur avenir matériel s’est fait aux dépens de certaines de leurs valeurs( la religion par exemple), ou plus grave, aux dépens même de leur culture.
Cette Eglise donc, permet aux vietnamiens de se rassembler et, en favorisant les échanges, permet de conserver la langue, cette mentalité vietnamienne. Pour ces « vieux » donc, elle répond à un besoin de s’affirmer non pas tellement en tant que catholiques, mais en tant que vietnamiens avant tout.
A l’heure où ayant participé, et participant encore à la construction de ce pays qu’ils ont adopté, ils réaffirment leur volonté de rester vietnamien. Cette Eglise qu’ils ont construite de leurs mains en est le symbole, pour les autres ethnies afin que l’on sache que l’ethnie vietnamienne est toujours présente et active et qu’elle n’est pas des moindres et pour les jeunes afin qu’ils n’oublient jamais qu’ils sont vietnamiens et qu’ils peuvent en être fiers.
Après avoir connu la ségrégation puis l’intégration à « outrance », les « niaoulis » se sont découverts une nouvelle personnalité, celle du vietnamien calédonien, différent de celle de leurs parents, mais en découlant directement.
En effet , avec leurs parents, ils ont connu, eux aussi ces conditions de vie très difficiles. Tout d’abord repliés sur eux-mêmes, ils ont été élevés par leurs parents avec cette mentalité
vietnamienne. Puis lorsque les conditions de vie se sont améliorées, lorsqu’ils ont été plus libres, ils se sont ouverts au pays, aux autres ethnies.
C’est ainsi qu’ils ont accepté d’abord, puis intégré dans leurs groupes certains « étrangers », s’en faisant parfois même des amis, mais conservant toujours leur langue, leur façon de penser, subissant très peu l’influence des autres ethnies.
Lors des « grands départs » sur le Vietnam, ces « niaoulis » étaient donc beaucoup plus attachés à ce pays où ils étaient nés et qu’ils commençaient tout juste à découvrir, qu’au Vietnam qu’ils ne connaissaient que par leurs parents. Mais ayant été élevés dans le respect des parents et acceptant toutes leurs décisions, ils les suivirent donc, ceux qui partaient comme ceux qui restaient. Rares étaient ceux qui allaient à l’encontre de ces décisions.
Les jeunes qui restèrent, conscient que leur avenir se ferait dans le pays, se lancèrent avec leurs parents dans de multiples activités où ils réussirent très bien. Mais après la période d’hostilité qu’ils connurent avec la guerre d’Indochine, ils cherchèrent d’abord à se faire accepter par les autres ethnies, à se « fondre » dans la masse, à s’adapter à de nouvelles conditions de vie, oubliant parfois même qu’ils étaient encore vietnamiens.
Ils se perdirent de vue, et n’eurent plus beaucoup de contacts entre eux ; mais à l’âge où ayant réussi pour la plupart leur vie professionnelle, ou s’étant parfaitement adapté au pays et ayant assimilé son mode de vie, ils se sont aperçus qu’ils étaient passés à côté de choses plus importantes et que le nouveau « système de valeurs « qu’ils avaient adopté, ne répondait pas à tous leurs besoins.
Ils se sont simplement rendus compte qu’ils étaient encore vietnamiens, avec leur langue, leurs coutumes, leur façon de penser, leur culture, et que s’adapter à de nouvelles conditions de vie ne voulait dire en aucun cas, imiter une autre façon de vivre, de penser. Ils en prirent peu à peu conscience et cherchèrent à se regrouper. N’est-ce pas de cette époque que date la formation de l’Amicale, et les membres fondateurs n’étaient-ils pas tous des « niaoulis » qui, au delà de toutes opinions politiques ou religieuses, ont cherché avant tout à se regrouper pour se sentir vietnamiens et vouloir le rester ?
Depuis l’Amicale a cherché à réunir tous les vietnamiens afin de se sentir vietnamien, de mieux connaître la culture vietnamienne et de prouver que l’ethnie vietnamienne existe encore, avec sa propre personnalité ; celle de vietnamien calédonien, calédonien parce qu’il est né dans ce pays, qu’il y a vécu et qu’il y a ses attaches, mais vietnamien avant tout de par ses origines, de par sa culture.
Avec les jeunes d’aujourd’hui, le problème devient plus complexe. Il y a d’abord ceux dont les parents sont des « chân dang » et qui ont donc eu des notions de culture vietnamienne : ils parlent et comprennent assez bien la langue et ont une certaine mentalité vietnamienne. Mais leurs parents, pris par leurs occupations, ne pouvant compléter leur éducation ne purent les empêcher d’adopter une autre façon de vivre, de penser. Ces jeunes donc, vivant avec leurs parents, ont quand même gardé le contact avec le milieu vietnamien, seulement ils n’ont pas pu approfondir leur connaissance de la culture vietnamienne.
Puis il y a eu ces jeunes qui ont grandi à l’époque où leurs parents ont plus cherché à s’adapter à de nouvelles conditions de vie, qu’à leur inculquer les bases de la culture vietnamienne.
Parmi ceux-ci, certains ont eu la chance d’avoir été élevés par leurs grands-parents qui ont cherché à leur apprendre la langue et qui leur ont fait connaître une façon de vivre, de penser, une certaine mentalité vietnamienne. Mais plus tard, livrés à eux-mêmes, ils n’ont plus été en contact avec le milieu vietnamien et ont commencé à tout oublier.
Quand aux autres, ils n’ont reçu aucune notion même la plus élémentaire comme la langue par exemple. Ils connurent donc un autre milieu, avec une autre façon de vivre, une autre mentalité.
Ces jeunes, à l’âge ou ayant acquis une certaine maturité, se mettent à la recherche de leur identité afin d’affirmer leur personnalité. Pour celui qui a toujours été en contact avec le milieu viêt, il se sent vietnamien à part entière. Pour celui qui a connu autrefois ce milieu, cette mentalité vietnamienne, même s’il a adopté une autre façon de vivre, de penser, il se rend compte qu’il est encore vietnamien et cherche à s’affirmer en tant que vietnamien avant tout. Quand à celui qui a, pour ainsi dire jamais eu aucune notion , ou si peu, de la culture vietnamienne, il se trouve devant un problème : il se sait vietnamien mais ne le ressent pas, car ignore tout : la langue, les coutumes, une certaine façon de vivre, de penser, d’agir, une certaine mentalité qui est propre aux vietnamiens. Il faut donc lui apprendre à être vietnamien.
Et c’est le problème qui se pose à tous ces jeunes aujourd’hui, un problème d’ordre culturel : être vietnamien qu’est-ce que cela représente ???…
Les « vieux » ne connaissent pas ce problème car ils ont toujours vécu cette culture, et ne l’ont jamais remise en question.
Les « niaoulis » eux, le ressentent beaucoup moins car cette culture, ils en ont été imprégnés pendant toute leur jeunesse, et même si à un moment donné, ils l’ont délaissée, ils y sont revenus. Ils ne cherchent pas à savoir ce que cela représente d’être vietnamien, mais seulement à se sentir vietnamien et comment conserver ce sentiment d’être vietnamien.
Quand aux jeunes, même s’ils ont le sentiment d’être vietnamien, ils ne savent pas ce que représente vraiment la culture vietnamienne car ils n’ont jamais cherché à l’approfondir. Même ceux qui parlent et comprennent assez bien la langue, ignorent presque tout des coutumes et ils n’ont plus cette mentalité, cette façon de penser propre aux vietnamiens.
Pour que les jeunes puissent conserver cette culture vietnamienne, il faut d’abord chercher à savoir en quoi elle consiste exactement et l’adapter ensuite à nos besoins. C’est d’ailleurs l’un des buts de l’Amicale et qui est précisé dans ses statuts :
- l’entraide sous toutes ses formes entre vietnamiens de cœur ou d’esprit sans distinction politique ou confessionnelle.
- La recherche et l’étude de tous les éléments de la vie communautaire, la contribution à l’élaboration d’une doctrine de la vie communautaire, et à la publication de celle-ci.
C’est un travail de longue haleine, qui demandera la participation de tous les vietnamiens, des plus vieux jusqu’aux plus jeunes, et qui exigera des contacts nombreux et fréquents entre les trois générations afin « d’élaborer cette doctrine de la vie communautaire » qui permettra de conserver encore cette culture vietnamienne qui nous est si chère. Ce travail pourra se faire dans le cadre d’un foyer qui permettra de réaliser différents activités culturelles. Ce sera le but principal de ce foyer.

3.8.11

Les "niaoulis" en quête de leur passé

Trois Calédoniens d'origine vietnamienne ont mis en hibernation leurs affaires à Nouméa pour se documenter pendant un mois au Vietnam auprès des travailleurs qui avaient passé une vingtaine d'années en Nouvelle-Calédonie avant d'être rapatriés il y a un demi-siècle.


Pham Ngoc San Roland, Nguyên Van Miên Michel, Bùi Duy Can Rolland ont achevé à la veille de la Fête nationale française leur tournée d'un mois dans plusieurs villes et provinces vietnamiennes. Ils ont pu interviewer et filmer une vingtaine de nonagénaires et plus dont beaucoup restent étonnamment vifs d'esprit. Il s'agit de "chân dang", terme vietnamien que se donnent les "engagés sous contrat", principalement originaires du delta du Nord du Vietnam, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle sous la colonisation française pour aller travailler en Nouvelle-Calédonie ou aux Nouvelles-Hébrides, aujourd'hui Vanuatu. Et les "chân dang" donnaient à leurs descendants nés en Nouvelle-Calédonie l'appellation "niaoulis" en référence à cet arbre nombreux dans le pays et qu'ils s'en servaient comme une plante médicinale.


"Un devoir de mémoire, c'est notre seule motivation", a déclaré Pham Ngoc San, commerçant à Nouméa, qui approche de la soixantaine. "Nous voulons recueillir les restes de souvenirs de nos ascendants sur les raisons qui les avaient poussés à quitter le pays, et sur leur condition de vie en Nouvelle-Calédonie". Si certains "chân dang" ont dû quitter le pays et partir à l'aventure pour des raisons d'ordre sentimental ou matrimonial, la plupart furent tentés par l'appel du gain alors que la misère régnait dans les campagnes nord-vietnamiennes.



"On n'a pas la prétention de réaliser un film, au sens strict du mot, seulement mémoriser les images de ceux qui ont vécu avec nos parents et leurs souvenirs susceptibles de nous aider à imaginer les conditions pénibles de la vie des +engagés+ sur les mines de chrome et de nickel ou dans les exploitations agricoles", renchérit Nguyên Van Miên, un alerte sexagénaire. Les "engagés", hommes et femmes, travaillaient dans des centres miniers, souvent exploités à ciel ouvert, beaucoup de femmes furent affectés aux travaux de servante ou de cuisinière.

Le groupe a rencontré les derniers "chân dang" à Hanoi, Hai Phong, Hai Duong, Quang Ninh, Nam Dinh, Thai Binh, Ninh Binh, Tuyên Quang, Thai Nguyên et Hô Chi Minh-Ville.

"Ils ont tous connu un passé souvent douloureux", a résumé Bùi Duy Can. Les sévices corporels et les abus étaient chose courante. Soixante-dix ans après, d'aucuns se souviennent encore de l'expression "à la boîte" que les patrons employaient pour signifier une punition en maison d'arrêt.

Cette quête du passé a pris forme au cours de plusieurs rencontres au Vietnam des "niaoulis" et enfants de "chân dang" nés aux Nouvelles-Hébrides consacrées au cinquantième anniversaire de leur rapatriement entre 1961 et 1964. L'initiative de Pham Ngoc San Roland, Nguyên Van Miên Michel et Bùi Duy Can Rolland fait partie d'autres démarches de "niaoulis" tant en Nouvelle-Calédonie qu'au Vietnam. En particulier, ils tentent de recueillir des témoignages sur les événements relatifs aux "chân dang" pour reconstituer leur histoire.

Les "chân dang", pour la plupart originaires de provinces surpeuplées du delta du Nord du Vietnam où la famine régnait, furent recrutés volontairement sous un contrat d'une durée de cinq ans. Ils partirent de Hai Phong pour travailler en Nouvelle-Calédonie essentiellement pour les mines de chrome et de nickel, et aux Nouvelles-Hébrides dans les plantations de cocotiers et de caféiers. Douze mille Vietnamiens sont passés successivement en Nouvelle-Calédonie entre 1891 et 1939, date du dernier arrivage. Après les départs prévus par le contrat, en 1939, pour des raisons diverses, 3.940 furent bloqués sur le territoire. La plupart d'entre eux réclamaient leur retour au pays. Après avoir mené de dures luttes et subi de sévères brimades, une vingtaine d'années plus tard, la majorité d'entre eux, alors plus de 5.700 "chân dang" et leurs descendants (de Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides) purent regagner le Vietnam par bateau entre 1960 et 1964 suite aux accords conclus entre Paris et Hanoi. Le dernier des 11 convois accosta Hai Phong le 8 mars 1964.

Michel Duc/CVN
17/7/2011

9.7.11

Long Vân Khánh Hội



Mô tả blog :

1. Để tưởng nhớ công lao của những ngưới dân phu mộ thời nô lệ đã hy sinh tuổi trẻ khai phá, xây dựng Tân đảo nay là Vanuatu.
2. Tìm và liên lạc với các vị con, cháu của họ hiện đang sinh sống tại Việt nam và các nới khác trên thế giới nhằm ghi lại trang sử hào hùng đó.

Tự giới thiệu :

Là con của người "phu mộ" sinh dưới thời nô lệ của Pháp tại Tân đảo nay là Cộng hòa Vanuatu. Hồi hương về Việt nam năm 1963. Trở lại Vanuatu năm 1995 và đang sinh sống tại Port Vila. Thường giúp đỡ những người ở Việt nam hoặc người ở nơi khác mới tới. Luôn nhắc nhở con cháu hướng về Tổ quốc Việt nam, quê hương của ông bà Tổ tiên của mình.

28.6.11

1960 - 2010

DISCOURS DU 50e ANNIVERSAIRE DU RAPATRIEMENT DES VIETNAMIENS DE NOUVELLE-CALEDONIE ET DU VANUATU

AU VIET NAM 1960- 2010 (Haiphong, 31 décembre 1960)

Mesdames, mesdemoiselles et messieurs,

Au nom de la délégation de la section hanoïenne de liaison avec les Vietnamiens en Nouvelle-Calédonie et au Vanuatu, je présente aux délégués, aux invités, à nos anciens ainsi qu’à tous les frères et sœurs, mes sincères salutations.

L’année 2010 approche à sa fin et il nous reste encore très peu de temps pour la clôturer avec de grands évènements qui feront la fierté de chaque Vietnamien vivant dans le pays ou en Outre Mer.

La grande cérémonie de célébration du millénaire de Thang Long Ha Noi, a permis de mettre en lumière la beauté de la ville qui a connu beaucoup changements et qui s’est considérablement modernisée au fil du temps. Elle mérite aujourd’hui d’être nommée « Capitale héroïque et de la Paix ».

Venant de toutes les provinces, nous nous réunissons aujourd’hui à l’endroit où nous avions mis les pieds pour la première fois, pour fêter le 50ème anniversaire de notre arrivée sur cette terre Patrie.

50 années sont longues dans une vie. Pendant toute cette période, beaucoup d’évènements se sont passés. Et aujourd’hui, nous consacrons une journée entière pour se retrouver, partager, échanger et écouter les confidences entre amis.

Nous avons bien écouté le rapport de M. Trinh Van Tai sur les «50 années de dévouement et de maturité des Vietnamiens rapatriés ». Il s’agit d’une sorte de photographie représentant des milliers de cœurs, des milliers de bras, des milliers de cerveaux. Beaucoup ne sont plus là maintenant, mais leurs noms sont enregistrés dans la contribution à l’édification commune. C’est grâce à leur labour si nous bénéficions aujourd’hui, d’une vie meilleure.

Nous sommes très heureux de la présence parmi nous des Viet Kieu venant de Nouvelle-Calédonie, du Vanuatu et d’autres pays. Ils sont présents aujourd’hui à ce rendez vous très symbolique. Leur présence contribue à la réussite de cette journée.

Nombreux sont les Viet Kieu, qui auraient souhaité assister à cette manifestation mais malheureusement, leurs obligations les ont retenus. Cependant en ce moment même, ils sont de tout cœur avec nous. M. et Mme Dang Van Nha (M. Nha, président de la SMSP) ne pouvaient pas être présents mais ils ont envoyé un don. Que reflète cette générosité ? Elle prouve qu’au plus profond du cœur de nos immigrants, un sentiment fort les unit à leur pays d’origine.

Depuis le 40ème anniversaire de rapatriement en l’an 2000, après la création de l’Association de Hai Phong, de nombreuses associations et clubs ont vu le jour, dans diverses provinces du pays. Ils sont basés sur l’entraide et l’échange dans des divers domaines. Des journées de rencontres et de partage ont été organisées pour définir les relations d’amitié et d’entraide entre le Vietnam, la Nouvelle-Calédonie, le Vanuatu mais également avec d’autres pays. Ces rencontres étaient l’occasion d’encourager nos Viet Kieu à continuer de préserver le patrimoine culturel et à contribuer au développement de la grande union du peuple. Lors de ces manifestations, il s’agissait également de les tenir informés de la position et de la politique de l’Etat envers eux.

En Nouvelle-Calédonie, vivent 3000 Viet Kieu bien intégrés dans la vie économique et sociale du pays. Ils se sont affirmés en tant que groupe culturel dans une société multiethnique, et remplissent leurs devoirs en tant que citoyens du pays. Si ces Viet Kieu ont su préserver leur culture d’origine, c’est parce que le sang vietnamien coule dans leur veine. Malgré l’éloignement avec la Mère Patrie, ils n’oublient pas le pays de leurs ancêtres. Les anciens ne sont, certes plus là, pour leur inculquer l’attachement à la terre d’origine, mais les jeunes générations possèdent le patrimoine du sang qui est un lien très fort et indéfectible.

Monsieur Jean Khac, l’ancien président de l’Amicale Vietnamienne, m’a confié : « Maintenant nous ne connaissons qu’un seul Vietnam pour phare, et c’est la terre de nos ancêtres ». Son fils Jean Martial qui a endossé 4 mandats en tant que président de l’Amicale vietnamienne affirme quant à lui : «Le Vietnam est toujours présent dans mon cœur ».

En 2008 Jean Martial et son épouse ont entrepris un voyage au pays. Après avoir rendu visite à la famille, ils sont allés à l’Orphelinat Hoa Binh qui accueille des enfants victimes de l’agent orange/dioxine. Jean-Martial a alors promis de les aider.

En septembre 2008, l’Amicale vietnamienne a organisé un voyage au Vietnam pour une délégation composée de 19 personnes. Cette délégation a été reçue par le Président du Comité d’Etat des Vietnamiens à l’étranger.

En 2009, le président de l’Amicale vietnamienne nous a proposé de signer un traité d’amitié. Nous avons été conviés à venir à Nouméa pour signer ce traité.

Ainsi, le 8 mars 2009, notre délégation composée de 6 personnes, est arrivée à Nouméa. Nous avons été reçus solennellement. La cérémonie de signature a eu lieu le 14 mars, en présence du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et du président de la province Sud. Cette signature signifie pour les Vietnamiens vivant en Nouvelle-Calédonie, la pose du premier jalon historique de leur présence en Nouvelle-Calédonie.

L’une des clauses de la convention met en place les conditions d’échange entre les deux communautés afin de faciliter les déplacements des groupes de personnes souhaitant se rendre au Vietnam ou bien en Nouvelle-Calédonie.

Lors de cette signature, la délégation de la Section Hanoi a été reçue chaleureusement par des organismes comme les clubs « 4 Palmier», «Feu Vert ». Depuis quelques années, à chaque fois que des Viet Kieu viennent en visite à Nouméa, ils sont toujours reçus chaleureusement par les Vietnamiens de Nouvelle-Calédonie. Leurs séjours en Nouvelle-Calédonie ont été filmés et enregistrées sur des DVD. Et arrive toujours le moment où il faut se dire au revoir en chanson et où plus personne ne veut partir !

Fin septembre 2010, l’Amicale Vietnamienne a organisé un déplacement au Vietnam pour assister à la grande manifestation de 1000 ans de Ha Noi Thang Long. Trente-deux personnes ont fait partie de ce voyage. Parmi ces personnes il y avait :

- 20 d’origine vietnamienne

- 5 d’origine française

- 7 d’origine kanak.

La Section de Hanoi a facilité le séjour de la délégation des Viet Kieu de Nouvelle-Calédonie en s’occupant de l’hébergement, des déplacements, du programme du séjour ainsi que des activités.

Elle est aussi intervenue auprès du gouvernement pour que la délégation Viet Kieu de Nouvelle-Calédonie puisse assister au défilé de la grande cérémonie avec le groupe de délégation des Viet Kieu venant du monde entier. Nous ainsi pu obtenir des 10 places !

A l’arrivée à l’aéroport de Noi Bai, la délégation a été accueillie par la section de Hai Phong et de Hanoi.

La Section hanoïenne a reçu grandement la délégation calédonienne et a organisé des visites autour de Hanoi. Une rencontre amicale a eu lieu avec l’orphelinat Hoa Binh qui accueille des enfants en difficulté motrice ou autre. Tous les participants ont manifesté leur enthousiasme et leur fierté d’avoir participer à cette grande manifestation qui a lieu une fois mille ans.

A Haiphong, madame Giang Kim Thanh chef de la délégation et madame Gorodey, la ministre de la culture de Nouvelle-Calédonie, ont été reçues par le vice-président du Comité Populaire Hoang Van Ke.

Lors de ce séjour, les membres de la délégation calédonienne ont pu découvrir avec étonnement toute la richesse de la culture vietnamienne. Tous les participants ont été enchantés de ce voyage et en gardent un souvenir mémorable.

A l’issue de la grande manifestation pour les 1000 ans de Hanoi, madame Gorodey et ses collaborateurs, ont rejoint le groupe de l’AVNC. Les membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont exprimé leur souhait de contribuer à entreprendre des recherches sur la culture vietnamienne et espèrent inclure la culture vietnamienne à la culture Calédonienne. Madame Henriette Falalevaki, élue de la Province Sud a exprimé sa fierté envers les Vietnamiens qui ont apporté leur dynamisme et leur bonne volonté pour la construction de la Nouvelle-Calédonienne. Elle a aussi ajouté qu’elle est heureuse de compter parmi ses amis, des Vietnamiens.

En commun accord entre L’Amicale Vietnamienne de Nouvelle-Calédonie et les organismes des Viet Kieu au Vietnam, un projet est en cours pour programmer un voyage destiné aux représentants de toutes les Associations, les Clubs dans toutes les provinces et villes du Vietnam. Cette information sera largement diffusée aux Viet Kieu.

Fin 2010 l’Association Viet Kieu de Haipgong – Vanuatu Ville de Haiphong a fait un très grand effort pour organiser l’anniversaire des 50 ans de l’arrivée des Viet Kieu au Vietnam. Lors de cette grande manifestation, malgré la froideur de la température, la chaleur était présente dans les cœurs. Nous souhaitons à la Section de Haiphong de continuer de progresser afin de devenir une association forte.

Nous souhaitons à la ville « Des flamnboyants rouges » d’obtenir et de devenir un centre économique de la région maritime du Nord du Vietnam et dans tout le pays.

2011 arrive, Dieu nous donne encore un an de plus et nous espérons qu’il nous donne aussi la santé et beaucoup de bonheur.

Nous souhaitons que la rencontre pour 50ème anniversaire du rapatriement des Vietnamiens de Nouvelle-Calédonie et Vanuatu soit un succès.

Nous souhaitons aux représentants, aux invités, à nos anciens ainsi qu’aux amis Paix et prospérité.

Merci

Section de Calédonie-Vanuatu Ha Noi

Le Président

Nguyen Van Ngan

--------------------------------------------------------------------------------------------------------Traduction discours du 31 décembre 2010

Mars 2011

Amicale Vietnamienne NC

7.5.11

Copier-Coller

Ou comment faire du déjà publié.
On peut comprendre qu'un simple blogueur (moi) fasse du copier-coller de divers documents collectés sur internet (en mentionnant toujours la source).
Mais de la part d'une journaliste, ça fait désordre. avec une impression de déjà vu.
(bon, c'est vrai que l'on "(re) parle " de moi à la fin :b)



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Cộng đồng người Việt ở Nouméa và hành trình đi tìm nguồn cội (04/04/2011)

Nouméa là thủ đô của Tân Thế Giới (Grand Terre) bao gồm các hòn đảo được mệnh danh “Paris của Thái Bình Dương”. Khoảng năm 1854, nơi này được người Pháp xây dựng làm cảng biển. Từ năm 1866, họ bắt đầu di dân một số người Việt đến sống và làm việc, số di dân gốc Việt nay trở thành người địa phương và con cháu họ ngày nay trở thành một cộng đồng đáng kể, chiếm khoảng 1,6 % trong số gần 200 nghìn cư dân của Nouméa.

Bà Bùi Thị Én, thương gia ở Noumea cho biết: “Các cụ đi phu ngày xưa thường mở các lớp dạy tiếng Việt cho các trẻ mỗi tối. Ở nhà bắt buộc phải nói tiếng Việt. Đến khi tôi có con cũng giữ đúng nguyên tắc như vậy”. Vì thế đa phần người Việt thế hệ thứ hai trên đảo hiện có thể nói tiếng Việt như người Việt.

Sinh hoạt của cộng đồng người Việt tại Nouméa gắn liền với sinh hoạt của chùa và nhà thờ. Họ cũng lập ra Nhà Việt Nam, Hội Ái hữu người Việt (Amicale Vietnamienne) và tổ chức các lớp dạy tiếng Việt, dạy võ thuật, dạy thiền cho những ai muốn tham gia. Như đã nói, người Việt ở Nouméa phần lớn đều thành đạt. Ông Trần Lương Vị, sinh năm 1952, qua Tân Đảo theo diện di dân. Theo cách nói của mình, ông là một người tay trắng làm nên dù mới qua Nouméa khoảng mười mấy năm, nhưng đã dành dụm tiền mua được một tiệm chuyên bán tạp hóa với giá gần 60 triệu đồng Franc (khoảng 900 nghìn USD) để gia đình sinh sống. Ông cho biết: “Cũng như gia đình tôi, người Việt mình tại đây phần lớn kiếm sống bằng nghề buôn bán. Nếu so sánh với người Pháp da trắng, người Việt thua hẳn về phương diện thương mại và công quyền, nhưng với người đa đen và người bản xứ thì người Việt lại vượt xa bởi thường là chủ nhân của các cửa tiệm như tạp hóa, nhà hàng, khách sạn, siêu thị...”

Đáng chú ý, tại nghĩa địa Voh nằm ở cây số 4 theo hướng đi lên phía bắc của thủ đô Nouméa có những ngôi mộ cổ của người Việt lập từ năm 1909 có ghi rõ quốc hiệu “Đại Nam quốc” bằng chữ Hán. Đặc biệt sau năm 1945, không ít bia mộ còn chạm khắc rõ ràng quốc hiệu “Việt Nam Dân chủ Cộng hòa”. Theo lời cô giáo người Pháp Stéphane Pannoux hiện đang giảng dạy môn lịch sử tại Trường Đại học Grand Terre: “Những mộ bia tương tự ở khắp Nouméa, đặc biệt nơi trước kia từng là các trại tập trung của người chân đăng (tiếng Pháp gọi “D’engager” nghĩa là người đăng ký tình nguyện sang Tân thế giới theo nghề phu mỏ phục vụ cho thực dân Pháp trong chiến tranh thế giới thứ II) sinh sống đã cho ra một kết quả chung: phần lớn các mộ của người chân đăng, có gốc tích khắp các tỉnh thành Bắc bộ như Nam Định, Hải Dương, Thái Bình... Chúng tôi đang cố gắng làm sáng tỏ gốc tích các ngôi mộ và chứng minh đó là mộ phần của người Việt, trong đó có mộ phần của các nghĩa quân khởi nghĩa bị đưa đi lưu đày, số còn lại là của người chân đăng Việt Nam. Nói chung, khi nhìn thấy các mộ phần, tôi thực sự xúc động và ấn tượng bởi các ký tự kỳ lạ trên bia mộ khiến tôi quyết định phải tìm hiểu về nó. Nhưng cũng thật vui khi nghiên cứu của tôi giúp cho các bạn Việt Nam ở đây hiểu hơn về cha ông mình, và đây cũng là một bài giảng rất thú vị luôn hấp dẫn các học trò ở bộ môn lịch sử trong Trường Đại học tại Nouméa...”

Anh Bùi Hiệp - thế hệ người chân đăng thứ ba đang sinh sống tại Nouméa, thành viên Hội Ái hữu, dù tiếng Việt rất hạn chế nhưng cũng hăng say sưu tầm tài liệu, hình ảnh và bất cứ thứ gì liên quan đến câu chuyện về “người chân đăng” chỉ với mong muốn: “Để cho người Việt ở đây hiểu về lịch sử và nguồn gốc xuất hiện của người chân đăng và mong muốn những tư liệu người chân đăng sẽ cụ thể hoá bằng một đài tưởng niệm, hay một tấm bia ghi công những người chân đăng trên quần đảo ngoài khơi Thái Bình Dương này.

Như Quỳnh

26.4.11

CHENE Claudy

Doctorante


Doctorante en : histoire contemporaine
École doctorale de rattachement : LETS


Sujet : La migration coloniale tonkinoise en Nouvelle-Calédonie et aux Nouvelles-Hébrides : contrer, contourner et résister au fait colonial, 1891-1964


Directeur de thèse : Jean Vigreux


Liste des publications :

"Le corps des engagés tonkinois : contraintes et soumissions", catalogue de la prochaine exposition temporaire du musée de la ville (titre à définir), Nouméa, Musée de la ville de Nouméa, à paraître courant 2011.

"Le statut des engagés tonkinois : "Vos papiers s'il vous plaît !" : les différents statuts de la population calédonienne de 1853 à 1946", catalogue de l'exposition "Vos papiers s'il vous plaît !", Musée de la ville de Nouméa, 2007.

"Déportation kanak en terre indochinoise, à Paulo-Condore" et "Déportation tonkinoise en terre calédonienne", catalogue de l'exposition "Ile d'exil, terre d'asile : les déportations et les expulsions en temps de guerre en Nouvelle-Calédonie", Musée de la ville de Nouméa, 2005.

"Tathan, un stéréotype des Tonkinois engagés sous contrat", actes du colloque corail UNC : Remettre en cause lesidées reçues : lieux communs et stéréotypes, 2004.