INTRODUCTION

Vivre ici ?

  • Le dernier recensement est tombé et confirme durement les craintes des plus grands urbaphobes: l’exode rural s’accélère et frappe durement la brousse. J’ai...
  • *Oui; nous devons prendre acte d'une évaluation (peut-être ?) enfin digne de confiance. Quelques commentaires pavoisent pour stigmatiser ceux qui soupçonnen...

25.9.09

Révision du 24 septembre

Le cri du Cagou

Les Vietnamiens : la communauté «laborieuse» de Nouvelle Calédonie.
Chapitre (Identité, Patrimoine Local) par Trapard Creteux le 24 septembre 2009

10.9.09

A découvrir

Madame avait entendu parler d'un nouveau resto de qualité quelque part à la Vallée du Tir.
Travaillant dans les environs, je n'avais rien remarqué de tel dans ce quartier.
Bien sûr la route principale est bordée de nombreux petit établissement permettant aux ouvriers de l'usine de nickel et autre fonctionnaires des environs de varier leur déjeuner.
Mais un resto viet d'une telle qualité que son existance même me soit signalé avant son ouverture, mérite que j'y fasse un tour.
Finalement je viens juste de découvrir son adresse :



On verra bien si le ramage vaut le plumage.

19.8.09

Nouveau français



« J’ai vécu dix-sept ans au Vietnam, et presque trente ans ici. Ma fille aînée est partie faire ses études en Métropole. Alors vous comprenez qu’il y a longtemps que je me sens plus Français que Vietnamien. »Dans son épicerie de la rue Sébastopol, Minh Tuan Bui affiche le sourire d’un homme comblé.

Comme beaucoup de ses compatriotes d’origine, il est venu en Calédonie rejoindre son père, déjà installé. C’était en 1983. Minh Tuan a alors enchaîné de nombreux métiers. Il a été pompiste, a travaillé dans le maraîchage, fait de la peinture sur tissu, puis a commencé dans l’épicerie en louant un commerce « parce que je n’avais pas d’argent pour acheter ».

À la fin des années quatre-vingt-dix, il devient propriétaire de son épicerie.

Père de trois enfants, tous Français parce que nés ici, marié à une femme devenue Française bien avant lui, fils et frère de personnes également naturalisées, Minh Tuan a très vite cherché à obtenir à son tour la nationalité tricolore. « Mais on me l’avait refusée parce que je ne parlais pas assez bien la langue. C’est une condition nécessaire. On nous fait passer une sorte d’examen. »

L’année 2009 a été la bonne pour l’épicier. « Je suis très, très content. J’aime bien la France et sa civilisation. Je vais avoir le droit de vote, c’est important. Ma fille veut devenir interprète, il est possible qu’elle reste en Métropole. Nous sommes maintenant une famille entièrement française et heureuse de l’être. »


Désormais, les naturalisations ne se font plus sur un coin de bureau, mais lors de cérémonies au haussariat. En groupe et dans la solennité. Un moment gravé dans la mémoire de ces nouveaux Français venus d’Asie, du Pacifique, d’Afrique ou d’Europe. Extrait des Nouvelles Calédoniennes du 18/08/2009



12.8.09

Marche citoyenne

Une marche citoyenne pour le « vivre ensemble »

Ni un meeting ni une manifestation, seulement un rassemblement pour dire qu’il existe en Nouvelle-Calédonie une majorité d’habitants attachés à vivre et à construire un pays ensemble, dans la paix et dans l’accord de Nouméa : c’est l’objectif proclamé de la marche organisée ce matin par le « Collectif citoyen pour notre destin commun ».

Les Nouvelles Calédoniennes




23.7.09

Mémoires d'un village minier

Merci à Madame Epone JOUVE d'avoir concrétisé ce projet qui me permet de partager quelques unes des photographies de ma collection sur les vietnamiens des années 50 et 60.




21.7.09

Sergent-chef Jean Sorin

Le retour posthume d’un ancien d’Indochine


Pendant des années, Claude Sorin a enquêté et démarché pour retrouver la dépouille d’un père qu’il n’a jamais connu, le sergent-chef Jean Sorin, tué en Indochine au tout dernier jour des combats.




Le sergent-chef Jean Sorin a été tué le 20 juillet 1954, lors d’un des tout derniers accrochages avec les Viêt-cong, la veille de l’entrée en vigueur du cessez-le-feu des Accords de Genève. Il est mort sans avoir jamais connu son dernier fils, Claude, celui qui vient de parvenir, après des années de démarches et de recherches, à retrouver puis à rapatrier sa dépouille en Nouvelle-Calédonie.


Autant dire que la cérémonie qui s’est déroulée hier dans le carré militaire du cimetière du 4e kilomètre n’était pas seulement teintée d’émotion et de solennité. Une lumière étrange et mystique éclairait ce spectacle d’un père et de son fils qui ne se sont jamais connus et se sont enfin retrouvés face à face. L’un debout, laissant couler ses larmes. L’autre allongé dans un cercueil drapé de bleu, blanc et rouge.


Ils sont venus nombreux à cette cérémonie particulière, à ces funérailles célébrées un demi-siècle plus tard. L’armée était là, bien sûr. Les anciens combattants d’outre-mer aussi.


Les officiels, de Jean Lèques à Eric Gay en passant par Philippe Dunoyer.Mais surtout une petite foule d’amis, de parents, et la famille proche. Détail hautement significatif, de nombreux adolescents et très jeunes adultes étaient là. Petits-enfants, petits- neveux… Et ils étaient les premiers à pleurer. Preuve que la mémoire de cet homme disparu longtemps avant leur naissance est restée très vive chez ses proches, et a été entretenue avec flamme.


C’est Michel Gérard, président de l’amicale des anciens combattants, qui a fait l’éloge militaire du sergent-chef. Jean Sorin était le fils d’un poilu de la Grande guerre, mort comme tant d’autres quelques années après avoir été gazé dans les tranchées.


« Ces soldats de France, dont les sépultures hâtivement creusées, ont maintenant disparu »


Né en 1926 à Saint-Nazaire, Jean Sorin s’est engagé à 17 ans, en 1943, dans les Forces françaises libres. Il a participé au débarquement de Provence puis à la reconquête du sol français. La Franche-Comté, l’Alsace, puis l’Allemagne. Ce qui lui vaut la Croix de guerre.


Ensuite, il part en Indochine jusqu’en 1948. Militaire de carrière, il est alors affecté en Nouvelle-Calédonie au bataillon d’infanterie coloniale. Et c’est là qu’il fait souche, en épousant Giselle Kaddour dont il a deux enfants. Le 21 janvier 1954, il repart se battre en Indochine, et il y trouve la mort au dernier jour des combats. Son fils Claude a alors quatre mois. Le père et l’enfant ne se verront jamais vivants.


Quelques mois après sa mort, Jean Sorin est fait chevalier de la Légion d’honneur. Mais sa dépouille reste au Vietnam. D’abord inhumé dans un cimetière militaire français, son corps est ensuite transféré dans une petite tombe presque anonyme. « Combien sont-ils encore, ces soldats de France, dont les sépultures hâtivement creusées ont maintenant disparu, caché par une nature qui reprend ses droits et le temps qui tout efface ? » a lancé Michel Gérard à l’adresse de ces « sentinelles abandonnées aux marches d’un rêve d’empire qui dorment dans leur linceul d’oubli ou dans les fosses communes des camps du viêt-minh. »


Combien sont-ils en effet ? Et combien de familles, comme celle de cet homme, gardent en elles la plaie vive d’un deuil qu’elles ne peuvent faire tout à fait.



Philippe Frédière
Les Nouvelles Calédoniennes du 21/07/2009

11.7.09

CHAQUE NUAGE EST NIMBÉ DE LUMIÈRE


Du Vietnam ravagé par un siècle de troubles et de guerres, juste après les accords de Genève en 1954, Hoa s'envole vers la Nouvelle-Calédonie, île natale de Maurice, son nouveau compagnon, avec deux de ses trois enfants. Elle quitte le pays de ses ancêtres, mue par l'espoir de construire une vie plus paisible, mais la mort dans l'âme de devoir laisser à Saigon sa fille aînée, Mai, alors âgée de quinze ans. Celle-ci se considère mal traitée par l'ancienne patronne de sa mère. Mai s'enfuit alors et part à la recherche de son père, qu'elle n'a pas connu. Mai choisira-t-elle de rester au Vietnam, en continuant le combat de son père contre le colonialisme, ou de rejoindre sa mère dans le Pacifique ?
ISBN : 978-2-296-08611-1 • mai 2009 • 224 pages

L’hommage à la Calédonie de l’inspectrice de français

Sa jeunesse est une aventure, au milieu des troubles du Vietnam et de l’Algérie. Annick Le Bourlot y a puisé la matière d’un roman, où la Calédonie a sa part comme terre d’accueil.
Elle dit d’elle-même qu’elle était condamnée à ne pas vivre, et à ne pas réussir. Née prématurée dans la jungle, près d’Hanoï, elle a miraculeusement survécu. Enfant dans la guerre du Vietnam puis d’Algérie, elle a étudié pour se libérer de l’angoisse du terrorisme.Un demi-siècle plus tard, la petite Maï est devenue Annick Le Bourlot, inspectrice d’académie, inspectrice pédagogique régionale en français, basée à Nouméa.
Elle affirme qu’elle doit sa réussite à l’école française.?Voici quelques mois, à l’occasion du Forum francophone du Pacifique, elle publiait Aux bâtisseurs de l’école de la réussite, un hommage aux professeurs de lettres. Un ouvrage essentiellement didactique, mais dont quelques pages autobiographiques laissaient présager le roman à venir.
Ce roman, Annick Le Bourlot l’a présenté la semaine dernière, lors d’une soirée littéraire au musée de la Mer, en présence du vice-recteur, du membre du gouvernement chargé de l’éducation, du président du Cercle des auteurs du Pacifique et de nombreux enseignants avec qui elle travaille et dont elle a gagné l’estime.
« La culture permet à l’homme d’échapper à ses haines et à la violence »
Chaque nuage est nimbé de lumière, paru dans la collection Lettres du Pacifique chez l’Harmattan, n’est pas une autobiographie mais un récit historique qui a fini par tourner au roman. Il parle de déchirures familiales, de quête du père, de violence et d’exil dans un Vietnam en guerre, de départ vers un territoire étranger et inconnu qui deviendra refuge, la Nouvelle-Calédonie. C’est une histoire de chez nous, qu’ont vécue bien des Calédoniens.
En bonne inspectrice de lettres, Annick Le Bourlot sait bien que toute interprétation d’une œuvre romanesque est plurielle. Certains y verront des messages de telle ou telle nature. Il en est un, au moins, qu’elle souhaite affirmer. C’est que « la culture, particulièrement artistique et littéraire, antidote à la guerre et à notre condition de mortel, permet à l’homme d’échapper à ses haines et à la violence ».
En fin de séjour, Annick Le Bourlot doit quitter le territoire dans quelques mois. Première inspectrice de lettres d’origine vietnamienne, elle laissera derrière elle, outre ses deux livres personnels, deux ouvrages en voie d’achèvement : un manuel de français à base de littérature calédonienne, et un livret d’évaluation 6e rénové. Elle en a donné l’impulsion, mais la réalisation en a été faite collectivement par plusieurs groupes de ces enseignants à qui elle rend hommage. « Je constitue avec vous, leur a-t-elle dit la semaine dernière, un maillon dans une chaîne de solidarité au service des élèves. »
Les Nouvelles Calédoniennes du 10/07/2009